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  hommage à Michel Soulé

Hommage à Michel Soulé

Michel SouléMichel Soulé, pédopsychiatre, psychanalyste, professeur honoraire de psychiatrie de l’enfant à l’université René Descartes Paris V, membre titulaire de la société psychanalytique de Paris, est décédé le 30 janvier 2012 à Paris. Ces obsèques ont eu lieu mardi 7 février 2012 au Cimetière du Montparnasse, 3 boulevard Edgar Quinet, 75014 Paris.

Parmi ceux qui l'ont bien connu, accompagné des années durant ou côtoyés de façon plus lointaine, Patrick Ben Soussan, Sylvain Missonnier, Bernard Golse, Berry Brazelton, Joshua Sparrow, Marcel Rufo, lui rendent ici un dernier hommage.


Patrick Ben Soussan
J'ai commencé dans les années 1980 à m'intéresser aux bébés, à suivre le séminaire de Serge Lebovici dans le XIIIe, à participer aux activités de l’Association mondiale de santé mentale du nourrisson (WAIMH, alors WAIPAD). C’est là que j’ai dû croiser Michel Soulé pour la première fois, à Cascais, au Portugal, pour le premier Congrès mondial de la WAIMH, en 1980. A l’époque, il était pour moi associé, individis, à Serge Lebovici et Gilbert Diatkine, les maîtres à penser de toute une génération de jeunes psychiatres d’enfants, férus de psychanalyse et de projets. Ils furent en 1985 ceux qui établirent avec leur Traité de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent le cadre même de notre discipline, encore brouillonne et tâtonnante. Mais Soulé, ce fut aussi, L’enfant et son corps, écrit avec Léon Kreisler, dont je suivais l’enseignement de psychosomatique de l’enfant à La Poterne des Peupliers, et Lebo et Fain. Ceux-là me parlaient, et par leurs articulations subtiles, j’entrais avec passion dans le monde du tout-petit et des ancrages corporels de sa vie psychique à peine éclose. Puis, j’ai lu cette élaboration incroyablement intelligente de Michel Soulé sur l’enfant imaginaire (Soulé, M. « L’enfant dans la tête, l’enfant imaginaire » In T.B. Brazelton, B. Cramer, L. Kreisler, R. Schappi, M. Soulé. La dynamique du nourrisson ou Quoi de neuf bébé ? Paris, ESF, 1983, pp. 137-175). J’en ai construit, en hommage, le modèle d’un de mes premiers ouvrages, Le bébé imaginaire, bien des années plus tard (érès, 1999, Collection « 1001 BB »). Depuis, je suis assuré qu'il est et restera mon père imaginaire, porteur de toute une histoire transgénérationnelle, petit passeur de contenus conscients ou inconscients, de valeurs, de toute une culture, d'élans et de désirs. Qu'est-ce qu'il lui a pris de mourir, à l'aube de cette année deux mille « douce » ? Qui donc maintenant nous racontera des « histoires de psychiatrie infantile » ? Qui nous dira, avec l'humour qu'on lui connaissait, « la vie de l'enfant » ? Qui nous lira, avec ses inflexions musicales, le « premier chapitre » de la vie ? Michel Soulé a marqué l'histoire de la psychiatrie de l'enfant et le deuil que nous portons est à la mesure de cette perte pour la clinique et pour tous les bébés, pour tous les fœtus et tous les enfants d'ici et de maintenant.

Sylvain Missonnier
Bien cher Michel,
Tu étais avec Serge Lebovici et René Diatkine un des trois courageux mousquetaires de la naissante psychiatrie infantile française. Encore en culotte courte, tu m’es d’abord apparu avec cette aura à travers la lecture de livres fondateurs de la psychopathologie psychanalytique. Mais très vite, ton orientation élective pour les commencements chez l’humain m’a poussé à assister à tes enseignements à l’Institut de puériculture où tu étais le pionnier de la pédopsychiatrie de liaison autour des prématurés et de leurs parents.
Encore maître distant à l’époque, tu es devenu un interlocuteur chaleureux et profond dans le groupe Inter-maternités de St Vincent de Paul animé par Sylvie Séguret et Didier David. Sa Majesté le bébé brazeltonien ne nous suffisait plus : le fœtus, son placenta et ses parents enceints nous réunissaient dans des rencontres interdisciplinaires où « somaticiens » et « psychanalystes » inventaient ensemble le gai-savoir de la clinique médico-psycho-sociale périnatale. Tu étais notre bienveillant chef d’escadrille.
Le grand chantier de l’exploration du paradigme échographique en compagnie de Marie-José Soubieux et Luc Gourand me permit, dans la foulée, de devenir un de tes collaborateurs passionnés. Le doux rythme des journées scientifiques annuelles avec Bernard Golse, Marcel Rufo et toute ta bande, les voyages universitaires en Italie chez Graziella Fava-Viziello transformèrent cette estime en amitié. Et, quand tu m’a transmis ta collection « La vie de l’enfant » (désormais chez Eres), j’ai eu le sentiment délicieux de m’inscrire fièrement dans la filiation de ton œuvre.
Mais au moment de t’écrire ces quelques lignes, ce qui me manque déjà tant, à l’égal de mon chagrin, c’est ton humour renversant. Tu as partagé ce trésor avec nous jusqu’au bout et ce sont les souvenirs impérissables de ces rires partagés que je garderai comme un précieux talisman. Face au tragique de la maladie, de la mort et de la séparation, le meilleur antidote est le tien. Si je ris, tu es là…

Bernard Golse
Cher Michel Soulé, nous avions une relation très proche et infiniment complice. Peu importe de quelle nature elle était, mais je vous ai toujours appelé « Monsieur », et non pas Michel, en référence peut-être à une hiérarchie hospitalo-universitaire qui n'était pourtant pas la nôtre. Je n'ai jamais été ni votre interne ni votre chef de clinique, mais vous m'avez tout appris : la pédopsychiatrie, la psychanalyse, l'institution, et surtout l'humour qui est amour de la pensée pour la pensée.
Venise, l'Italie, le fœtus, le bébé, l'autisme, l'adoption... tout nous a réunis, et vous allez me manquer terriblement.
Vos travaux sur les clowns ont également beaucoup compté pour moi, et je crois que vous-même étiez l'un des plus grands clowns, au sens noble du terme.
Alors pour tout ceci, une dernière fois, je vous dis, au revoir « Monsieur » ... et salut l'artiste !

Berry Brazelton
Michael Soule was a remarkable man. Not only a pediatrician with special skills but his interest in psychoanalysis made him extremely sensitive to his patients emotional needs as well. I first met him with his mentor Serge Lebovici with whom he had a lifelong relationship. I was impressed with him and his amazing skills as a practicing physician and as a researcher and in his wonderful publications. We shall miss him.
Joshua Sparrow :
Ces yeux qui ont vu la vie avant qu'elle ne commence et son sens pour ceux sur qui elle dépend, qui nous ont ouvert les yeux à tous, se sont fermés. C'est grâce à eux que nous pourrons voir toujours plus profondément.

Marcel Rufo
Le père Michel
Michel Soulé nous a quittés dans la nuit du 31 janvier 2012. Il courait vers sa 92e année.
J’ai eu le plaisir et l’honneur de déjeuner avec lui il y a deux semaines. Il nous confiait, lors de ce repas, la formule suivante : « Au stade où j’en suis de mes réflexions ». C’est dire à quel point, jusqu’au dernier moment de sa vie, la psychiatrie de l’enfant l’a intéressé et passionné, combien il était inventif et précurseur pour nous tous.
Une dernière confidence : quand je l’ai ramené dans sa chambre, il m’a dit n’avoir sans doute pas le temps d’étudier la relation arrière-grand-père/arrières-petits-enfants. « A la Soulé », comme d’habitude, il avait d’abord noté la « jalousie » de ses arrières petits-enfants qui désiraient avoir un aussi beau jouet que lui, « son fauteuil électrique » pour se déplacer. Il notait aussi, avec son sens aigu de l’autocritique, qu’ils le désignait sous le terme de « papi dodo » puisqu’ils le voyaient toujours allongé à cause de son immobilité.
Tout Soulé est sans doute contenu dans ces remarques, non seulement la finesse clinique du fonctionnement infantile mais aussi la grand capacité de retour sur soi avec un humour irremplaçable qu’il n’a jamais perdu.
Merci Monsieur, pour votre enseignement ».


 

Colloque de la revue DIALOGUE

Familles de "mauvaise réputation"


les 30-31 mars 2012
UNIVERSITE DE CAEN
Amphi 2000 Campus 1


Titre provocateur s'il en est, la question de la « mauvaise réputation » des familles et des couples d'aujourd'hui nous renvoie à des processus de stigmatisation, que celle-ci soit ouvertement sociale ou plus insidieuse, morale, voire implicite, dans les prises en charge et les attitudes des thérapeutes. La notion de stigmatisation peut se décliner selon deux approches complémentaires, l'une centrée sur les mécanismes sociaux de la norme,l'autre sur les processus psychiques de disqualification que chaque personne ou groupe peut vivre.

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Lettre ouverte
En solidarité avec Pierre Delion et David Cohen

Nous vous informons qu'une Lettre ouverte au Conseil de l'Ordre des médecins et aux familles de personnes autistes vient d'être mise en ligne pour appel à signatures, afin de soutenir une approche plurielle et éthique de l'autisme, en solidarité avec Pierre Delion et David Cohen : http://www.autismeuneapprocheplurielle.org/

Ils sont en effet convoqués devant le Conseil de l'Ordre des médecins suite à la plainte d'une association de parents d'enfants autistes, pour leur engagement dans une recherche scientifique portant sur l’efficacité thérapeutique du packing sur les symptômes de troubles graves du comportement, notamment les automutilations, chez des enfants porteurs d’autisme. Alors même que cette recherche a été validée dans son objet et son protocole par le Comité de Protection des Personnes du CHRU de Lille, et qu’elle est menée dans le cadre d’un Programme Hospitalier de Recherche Clinique National (PHRC), validé en 2008 et financé par le ministère de la Santé.

Merci de le relayer très largement dans vos milieux professionnels et citoyens.

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