Parfois, on se serre sur le divan du psychanalyste, il faut y tenir ensemble un couple ou même une famille. L’exercice n’est pas toujours solitaire et il est d’autant plus difficile car, que nous apprennent ces dispositifs familiaux si ce n’est la violence du groupe ?

                Autant il est possible de conserver par devers-soi ses propres conflits intrapsychiques qui ne s’exprimeront le plus souvent que par des symptômes, autant en famille ils se formuleront ouvertement, chacun choisissant une place dans cette mise en tension.

                Les thérapies de couple sont donc souvent marquées au sceau de la haine, parfois cachée sous les bons sentiments du dévouement à l’autre ou de la bienveillance comme cet homme si soucieux de sa femme qu’il la piste sans cesse ; ou comme cette femme qui s’offre et se refuse au désir de l’autre. Ces deux-là vont somme toute bien ensemble, équilibrant leur névrose dans un conflit toujours renouvelé. Mais la question d’un enfant fait voler en éclats ce fragile équilibre et conduit chez l’analyste.

                Cet épisode illustre assez bien la violence fondamentale de la famille, le choc des désirs singuliers qui seul, pourra à terme fabriquer du sujet. Car c’est bien parce que ça ne marche jamais comme on le voudrait dans la famille, c’est-à-dire qu’à deux, on ne peut devenir un du fait d’un troisième, empêcheur de fusionner en paix que la famille reste un dispositif indispensable pour fabriquer du sujet.

                La famille n’est pas un lieu tranquille.

                Ce couple en mal d’enfant qui vient consulter éprouve avec douleur l’ambivalence du désir : contrairement à ce que la vulgate contemporaine nous clame, on ne sait jamais vraiment ce qu’on veut, enfin si, une chose, son contraire et ni l’une ni l’autre. Arrangeons-nous avec ça pour prendre des décisions que l’on qualifiera après-coup comme rationnelles !

                Et l’analyste se trouve lui aussi contaminé par la violence du couple, embarqué dans le transfert, il se met à faire leçon et, se rate magistralement…

                Il y a aussi des échecs.

 


photo de Marcel SANGUET

Marcel Sanguet est psychologue clinicien, psychanalyste, il exerce à Chambéry au sein d'un CHS ainsi qu'en pratique privée.


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