Louis PLOTON

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Louis Ploton est psychiatre, professeur émérite de gérontologie (université Lyon-2). Il a créé plusieurs institutions pilotes, psychiatriques et gérontologiques et cofondé l’association francophone des Droits de l’Homme âgé.

Je suis né en 1943 à Lyon.

Orphelin de père à l'âge de 4 ans, j'ai connu l'extrême précarité sociale dans mon enfance et mon adolescence. La ténacité de ma mère m'a néanmoins permis de poursuivre des études secondaires.

Après deux échecs au bac mathématique, bien que déclaré inapte aux études supérieures, j'ai obtenu un bac "sciences expérimentales" par correspondance.

A 21 ans j'ai entrepris des études de médecine, initialement financées par des "petits boulots". Ce qui m'a conduit a être psychiatre des hôpitaux puis Professeur de Gérontologie, grâce à la rencontre des bonnes personnes au bon moment.

Avec mon épouse Christine nous avons trois enfants: Philippe, Guillaume et Marie-Caroline.

Des problèmes de santé m'ont contraint a renoncer, à 74 ans, à mes activités de conférencier et de clinicien.

Je vis désormais retiré dans une petite ferme des côteaux du lyonnais où je me consacre à l'écriture, entouré d'un réseau amical intellectuellement fécond.

 

Le début de ma carrière professionnelle a été marqué par ma thèse de médecine soutenue en janvier 1974 (ayant fait l’objet d’une bourse de recherche sur deux ans) concernant la pollution atmosphérique dans la région lyonnaise.

Elle a porté sur une étude, menée conjointement avec Daniel SETTELEN, qui a impliqué la collaboration du Service de Santé des Armées (avec un programme informatique dégageant des clusters) du Centre de Transfusion pour la collecte de 3000 numérations formules sanguines, du laboratoire de cytologie de l’Hôpital Edouard Herriot et du Centre Anti-Poison de Lyon (Maître d’œuvre). Elle a permis d’élaborer un index cytométrique, concernant les globules rouges, directement corrélé à la pollution de l’air par les oxydes de soufre. Et elle a fait l’objet d’un ouvrage paru aux éditions MASSON et d’articles dans la revue Pathologie et Biologie.

 

Mais l’accueil des suicidants au Centre Anti-Poison de Lyon m’avait progressivement amené, à partir de 1972, à orienter mes choix cliniques vers la psychiatrie. Dans cette spécialité, dès l’assistanat, en 1978, j’ai opté pour le soin « hors les murs » avec la pratique de thérapies de groupes d’inspiration psychodynamique.

Ce qui m’a conduit, en 1978, à participer à la création d’un hôpital de jour pour adultes jeunes sur la ZUP des Minguettes à Vénissieux. Cette institution, dont j’ai assuré la responsabilité médicale, était la première du genre sur la région Rhône-Alpes avec une activité exclusivement psychothérapique régulée par deux séances de supervision hebdomadaires et une session trimestrielle (cette dernière assurée par René KAES qui était un de nos Maîtres à penser).

 

Dans le même temps, c’est un aspect marginal de mon activité : la création d’une vacation d’intérêt général de psychiatrie en milieu gériatrique (à l’hôpital des Charpennes à Villeurbanne) qui allait contribuer à mon orientation vers l’Université Lyon-2.

En effet, dès 1978, je me vis confier par Hélène REBOUL une charge de cours conséquente portant sur les phénomènes subjectifs et intersubjectifs à l’œuvre au cours des processus démentiels séniles. Cela concernait autant les phénomènes psychodynamiques et les modes de communication observables chez le malade et dans sa famille, que les phénomènes groupaux et institutionnels induits par la maladie.

Cet enseignement a été à l’origine d’une réorientation de ma pratique vers la psychologie gérontologique, avec l’initiative de proposer aux patients âgés, souffrant de pathologies cognitives graves, des dispositifs psychothérapiques groupaux. Il ne s’agissait pas de viser particulièrement une amélioration des déficits, mais de tenter d’en enrayer leur progression ou, à tout le moins, d’apporter un meilleur confort psychique.

 

Pour ce j’obtenais en 1983, à l’hôpital Saint-Jean-de-Dieu (Lyon) la mission de pratiquer un redéploiement de moyens hospitaliers (fusion de deux grosses unités de géronto-psychiatrie chronique) pour créer un dispositif de soins gradués spécialisé « Alzheimer ».

Il était organisé autour d’un hôpital de jour psychogériatrique (Le Centre Albert Einstein à Vénissieux). Cette structure avait un rôle de « centre de crise » s’appuyant sur l’évaluation systémique, avec une fonction de coordination pour une équipe géronto-psychiatrique mobile. Organisé pour faire face à l’urgence, grâce à une régulation médicale 24 h / 24 assurée par 4 médecins, l’hôpital de jour constituait de plus un pôle de consultations, complété par des thérapies familiales et/ou des groupes d’inspiration psychodynamique.

L’ensemble du dispositif était complété par : un service de soins à domicile pour les toilettes et le soutien (10 places) le réseau de domiciles collectifs Habitat-plus (27 places) une unité hospitalière de soins aigus (18 places) et une unité dite de sociothérapie (12 places de préparation à la sortie). Il était animé par une équipe pluridisciplinaire de 65 personnes. Les choses étaient organisées de sorte qu’un malade conserve les mêmes référents principaux (psychiatre, psychologue, assistante sociale) tout au long de son parcours de soin, du contact initial à la post-cure.

 

La pratique de cette équipe autour de 2 psychiatres et 2 gériatres, ainsi que de 2 psychologues cliniciens (dont un doctorant) chargés d’enseignement universitaire, fut à l’origine d’une véritable « recherche-action » fondée sur des observations cliniques fructueuses et débouchant, pour ma part, sur un ensemble de publication et une activité dense de conférencier en milieu scientifique et socio-professionnel. Cette activité conduira ultérieurement nos partenaires extérieurs à parler d’Ecole Lyonnaise de Psychogériatrie.

 

Pris dans cette dynamique, malgré ma réussite au psychiatricat je fis le choix de privilégier l’université et mon activité psychogériatrique, renonçant à postuler pour un emploi de chef de service, pour être nommé Professeur Associé à mi-temps, à l’institut de psychologie de l’Université Lyon-2 (de 1991 à 2000).

Dans le même temps j’obtenais le DESS de psychologie gérontologique en 1993 et l’Habilitation à Diriger des Recherches en Psychologie, en décembre 1995, avec une dispense de thèse par le Conseil Scientifique de l’Université, notamment du fait du niveau scientifique de ma thèse de médecine.

 

La suite logique fut la qualification (16ème section) puis l’intégration d’un poste de professeur de Gérontologie à l’Université Lyon-2, en 2000, après une période transitoire de deux ans (1998-2000) ou j’ai occupé un poste de psychiatrie polyvalente, à Bourg en Bresse. Ma mission fut de créer et diriger le premier hôpital de jour « hors les murs » du Centre Psychothérapique de l’Ain. Cela, sur le modèle de celui créé en 1978 mais intégrant les principes de la « sociothérapie » élaborés à Vénissieux, mais appliqués ici à une population non gériatrique.

 

Mon activité de recherche s'est ensuite de plus en plus inscrite dans le sens de collaborations scientifiques avec le milieu professionnel (terrain de stages et de débouchés professionnels).

Dans ce cadre, son objet est resté l'étude de la maladie d’Alzheimer, accordant une place centrale aux phénomènes intersubjectifs notamment familiaux et institutionnels (voir livre : Ce que nous enseignent les malades d’Alzheimer (Louis Ploton, Chronique Sociale, Lyon 2010).

Je dois dire à ce propos combien je me suis inspiré de l’école de Genève (Jean-Pierre JUNOD) pour appliquer le concept de psychogériatrie consistant à associer (avec les moyens nécessaires) la prise en considération des déterminants et des enjeux : médicaux, psychologiques et sociaux (notamment familiaux).

 

D’un point de vue formel j’ai intégré une équipe universitaire initialement rattachée au CRPPC (E.A.653) qui s’est individualisée avec la formation du laboratoire « Psychologie de la Santé et du Développement » (E.A. 3729) où j’ai dirigé l’unité de recherche « Psychodynamique de l’Alzheimer et de la dépendance » (2003-2007). Puis j’ai suivi l’équipe quand elle a participé à la création du laboratoire « Santé, Individu, Société » (E.A. 4129) regroupant des chercheurs des universités Lyon-1, Lyon-2 et Lyon-3 sous la direction d’Yves MATILLON.

 

Cela est allé de pair avec :

 

1)   Sur le plan de la recherche-action : depuis 2000, une ligne de recherches sur les thérapies non médicamenteuses dans la maladie d’Alzheimer, avec des directions de thèses et de mémoires de Master. Il s’est agi d’évaluer les résultats cliniques des approches relationnelles individuelles et groupales visant à limiter l’émergence de troubles du comportement en améliorant l’estime de soi, l’humeur et la motivation (donc la qualité de vie) des malades.

 

Cela m’a amené à développer l’approche groupale dite de Sociothérapie, mise en pratique pendant 25 ans par les étudiants de deuxième cycle de psychologie gérontologique à Lyon

 

 

2)   Sur le plan médical, en complément d’autres participations, la direction au long cours du programme ABORD (Alzheimer, Banque d’Observation de Recherches et de Données) créé par le Pr. Robert HUGONOT.

 

Les informations collectées par ABORD de 1987 à 1998, au moyen d’un dossier informatisé de 300 Items, ont permis une étude comparative des antécédents de malades âgés gravement atteints cognitivement et ceux d’une population "témoin".

Elles ont fait l’objet d’une thèse de médecine (Nathalie GUALDO, Lyon-1, 26 Avril 2001). Et de publications dans le cadre du XVII° congrès mondial de gérontologie, 1-6 Juillet 2001, VANCOUVER et du X° Congrès mondial de l’International Psychogeriatric Association, 10-14 Septembre 2001, NICE.

 

3)   Sur le plan conceptuel : la poursuite de l’élaboration de modèles du fonctionnement neuropsychique (débutée en 1976) rendant compte des décompensations cliniques de la maladie d’Alzheimer.

 

Cette réflexion a conduit à une représentation du fonctionnement psychique de type cybernétique assimilant le système nerveux à un réseau auto-régulé, ayant des fonctions différenciées : prise en compte simultanée des événements par des équivalents d'appareils fonctionnels (bio-somatique, affectif, subjectif, cognitif) avec de possibles interactions systémiques entre eux. Cette représentation fait notamment appel à l’hypothèse d’une fonction adaptative profonde « gardienne de la vie », pour expliquer la dynamique relationnelle et le rôle des symptômes émergeants. Avec le rôle déterminant du registre affectif : plan matriciel (germinal) de la vie psychique, support de la communication intersubjective.

 

Cette évolution conceptuelle s'est faite en corrélation avec le renoncement au raisonnement causaliste concernant ce qui se passe entre les plans biologique et psychique. Pour y voir la traduction simultanée d’une même réalité dans un registre de nature différente : celui de l'inscription matérielle / celui des opérations psychiques et réciproquement (Voir publications : 1987). Avec la possibilité pour le chercheur de se placer sur un de ces plans, en fonction de ses objectifs.

 

Il s’agit de tentatives de modélisation qui ont été régulièrement soumises à la critique de chercheurs reconnus, notamment dans le cadre du groupe d’étude dit des « Hérétiques », réuni plusieurs fois par an depuis 2000 à Lourmarin puis Aix-en-Provence (17 chercheurs de toutes disciplines, autour d’Antoine LEJEUNE et Boris. CYRULNIK).

 

 

Cette activité a été complétée, entre autres, par :

 

-      la participation à l’organisation de congrès scientifiques nationaux et internationaux, mais aussi de congrès d’éthique, notamment les premiers congrès francophones biennaux des « Droits de l’Homme Agé » depuis 1987, avec la création de l’Association Francophone de Droits de l’Homme Agé (1991) ;

-      l’organisation et la conduite de séminaires de recherche conceptuelle et clinique:

o  séminaire (devenu quadrimestriel) dans le cadre de la Fondation Nationale de Gérontologie à Paris, 2006-2011, sur le thème : « Les démences au croisement des savoirs » avec 25 chercheurs Français, Belges, Suisses et Italiens de toutes disciplines ;

o  séminaire annuel d’alzheimérologie (120 cliniciens et chercheurs) à Lyon depuis 1994 ;

-      la participation continue à la commission « droits et libertés » de la Fondation Nationale de Gérontologie (rédaction en 1987 et actualisation de la Charte des Droits et Libertés de Personnes âgées dépendantes) 

-      des missions d’expert (Haute autorité de la Santé et Ministère de la santé) ;

-      la participation à des cercles d’étude, tels que l’espace éthique EREMA (comité d’éthique du plan Alzheimer) pour l’élaboration de recommandations,

-      une activité éditoriale : notamment membre actif du comité de rédaction de la revue « Gérontologie et Société » jusqu’à la disparition de la Fondation Nationale de Gérontologie;

-      la rédaction (ou direction) d’ouvrages et de chapitres d’ouvrages spécialisés, avec une activité dense de conférencier en milieu scientifique et socioprofessionnel (voir publications).

 

L'écriture et l'histoire.

OUVRAGES :

 

15) MENECIER P., PLOTON L. (Sous la dir.) Psychogérontologie fondamentale et théorique. 10 fiches pour aborder des notions clés. Ed. In-Press Paris 2020.

 

14) PLOTON L. (Sous la dir.) L’amour chez les séniors : Regards croisés.. Ed. Chronique Sociale, Lyon 2020

 

13) PLOTON L. Les prises de pouvoir dans la relation au fil de la pathologie psychique. Chronique Sociale. Lyon 2019

 

12)- CYRULNIK B., PLOTON L., (Coords.) Envejecer con resilencia cuando la vejez llega, Gedisa ed. Barcelona 2018 (254p)

 

11) PLOTON L., (Sous la dir.). Vie Psychique, spiritualité et vieillissement, Ed. Chronique Sociale, Lyon 2017 (240p)

 

10) PLOTON L., (Sous la dir.). Facteurs psychologiques et prédispositions à la maladie d’Alzheimer, Ed. Chronique Sociale, Lyon 2015 (121p)

 

9) PLOTON L., CYRULNIK B., (Sous la dir.). Résilience et Personnes Agées, Ed. Odile Jacob, Paris 2014 (293p)

 

8) PLOTON L., et coll. Ne pas avoir peur de la psychopathologie : Kit de survie à l’usage des soignants, Ed. Chronique sociale, Lyon 2013 (176p).

 

7) ARFEUX-VAUCHER G., PLOTON L., (Sous la dir.). Les démences au croisement des non- savoirs, Ed. Presses de l’EHESP, Rennes 2012 (221p).

 

6) PLOTON L., (préface de VEZINA J.)

Ce que nous enseignent les malades d’Alzheimer : sur la vie affective, la communication, l’institution, Ed. de la Chronique Sociale, Lyon 2010 (143p)

 

5) PLOTON L. La persona anziana Raffaello Cortina editore, Milan 2001 (259p)

 

4) PLOTON L. (préface de BROYER G.)

Maladie d'Alzheimer : à l'écoute d'un langage Ed. de la Chronique Sociale, Lyon 1996 (170p) réédité en 1999 et 2004, 2009.

 

3) PLOTON L. (préface de GONZALEZ L.) (Sous la dir.). Le droit absolu de ne pas vieillir ? Ed. Pradel, Paris 1999 (117p)

 

2) PLOTON L. (préface de LAROQUE G.)

La personne âgée : son accompagnement médical et psychologique et la question de la Démence,

Ouvrage publié aux éd. de La Chronique Sociale, Lyon 1990 (244p) Rééditions en 1992, 1995, 1998, 2001, 2003, 2005...

 

1) SETTELEN D., PLOTON L., ABRIGEON E., ISOARD P. (préface JARROT A.)

Influences biologiques, et psychologiques de la pollution atmosphérique (à propos du cas particulier des raffineries de pétrole). Ed. Masson, Paris 1974 (327p)

 

 

 

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