Sophie DJIGO, Christiane VOLLAIRE
Avec la participation de Céline AHO-NIENNE, Amān ARFAOUI, Thamy AYOUCH, Louiza BELHAMICI, Choukri BEN AYED, Mohamed BENSAADA, Said BOUAMAMA, Sabah BOUTAHAR, Issam EL KHALFAOUI, Farid EL YAMNI, Malcom FERDINAND, Rayan FRESCHI, Morgane GUÉCHI, Lyne HERVEY-PASSÉE, Fatiha KAOUES, Amine KESSACI, Mornia LABSSI, Karima LAZALI, Nadia MEZIANE, Laura NSAFOU, Melissa PAULET, Monique SELIM, Ritchy THIBAULT, Katia YAKOUBI, Émeline ZOUGBÉDÉ
La notion de « race », dans son total délire tel que le relevait déjà L’Anti-Œdipe, est violemment performative, d’abord par sa prégnance historique, postcoloniale et étatique. Les auteur(e)s de ce numéro font l’épreuve de cette performativité. Ce ne sont donc pas seulement des chercheur(e)s ou membres d’une communauté intellectuelle. Ce sont aussi des militant(e)s, habitant(e)s des quartiers populaires ou des DOM-TOM, travailleurs-euses sans-papiers : celles et ceux qui, dans quelque milieu que ce soit, ont l’expérience des pratiques, des comportements racistes, anti-tsiganistes, ou des décisions islamophobes, cœur de cible des politiques fascistes et néolibérales.
Ils et elles partagent dans ce numéro leur connaissance incarnée de ce délire structurel et leurs manières multiples d'affronter et de résister à un racisme qui demeure, lui, monomaniaque. Leurs voix, parfois dissonantes, invitent les lecteur-ices à de multiples bifurcations vers une possible et nécessaire contre-offensive collective à tous les niveaux, en réfléchissant les effets cliniques et politiques des discriminations. Face à l'absurdité des obscurantismes contemporains, ils imposent la visibilité et la puissance d'agir, historique et actuelle, de celles et ceux que bien des dispositifs de pouvoir voudraient effacer.