François MARÉCHAL, Julien VERNAUDON
Préface de Roland GORI
Les auteurs interrogent dans ce livre l’objet de la gériatrie, devenue médecine du vieillissement, conséquence d’une focalisation sur la biologie du vieillissement, parfois au détriment de l’expérience vécue et d’autres facteurs et enjeux psycho-sociaux et environnementaux. La gériatrie promeut un « bien vieillir » en agissant le plus tôt possible dans la vie, parfois à des âges très éloignés de la gériatrie usuelle, renforçant ainsi un biopouvoir médical sous peine de « mal vieillir ».
Ainsi le cœur de métier du gériatre glisse peu à peu vers le soin aux patients moins malades, plus autonomes, plus désirables, au détriment des patients les plus dépendants et plus malades de moins en moins dignes d’ attention et de moyens alloués. Une partie de la gériatrie a développé un fort engouement pour les innovations techniques et technologiques reposant sur une illusion consistant à proposer préférentiellement une réponse technique aux problèmes accompagnant le vieillissement.
Dans une accélération capitaliste de production, ces solutions numériques sont à l’origine d’ une société de contrôle des personnes âgées, sous couvert de téléassistance. Cet essai se termine par le dessin, en forme de manifeste, d’ une gériatrie conviviale, entre sobriété technologique et technique, progrès médicaux et sociaux et abondance humaine.