« Le poète ne cherche pas à exprimer quelque chose qui semble déjà être là, tout prêt, dans sa tête. Il cherche au contraire à écrire quelque chose qu’il n’a jamais lu auparavant. Au moment où le poète pense : « maintenant que je lis ceci, je lis autre chose que ce que je voulais dire un jour », c’est à ce moment précis que le poème est terminé. Il reconnaît une partie inconnue de lui-même. Et quand on lui demande de quoi il s’agit dans le poème, il répond : « je ne sais pas, seul le poème est capable de le dévoiler ». La parole dans ma poésie n’est donc pas au poète mais aux poèmes. » (Rutger Kopland)
EXTRAIT
Supposons que nous puissions rester ici –
mais cette vue par-delà les montagnes
est trop lointaine, trop définitive
pour être supportée, bien que
placés dans cette attitude, en
montagnes mués,
nous puissions rester couchés,
aussi fortuits que toutes les autres.
Laissons donc ici les hommes,
la maison, la table, le papier.
Pas de retour. Cette vue.
Avec la collaboration de Pierre GALLISSAIRES