Le fétichisme généralisé est une thématique originale de la déconstruction au croisement du marxisme et de la psychanalyse. Sarah Kofman est la première à l’investir dans une lecture de Glas, un ouvrage de Derrida paru en 1974, à partir de la question de la différence sexuelle chez Freud. Et cette lecture transforme la notion même de fétichisme : d’une part, le fétichisme apparaît irréductible, car on ne peut pas dénoncer le fétiche au nom de la chose en soi ; d’autre part, le choix pour une position ou une autre, pour un fétiche ou un autre, s’avère indécidable. 

Si la notion de fétichisme généralisé ne congédie pas les analyses classiques du fétichisme, elle pose de façon plus aiguë la question de la valeur, celle que peut prendre tel objet ou tel nom dans tel système de renvois. Elle impose aussi, au-delà de la croyance messianique en un au-delà du fétiche, de tenir compte d’une problématique qui déborde le jeu de la conscience et la croyance qu’on pourrait en finir avec le fantasme. 

À partir de cette perspective, comment comprendre les mécanismes de domination et d’attachement qui nous traversent ? Comment envisager l’émancipation, et peut-on alors se libérer des fictions, des fantasmes ou des systèmes de croyance qui nous constituent ? Est-ce au prix d’une désorientation généralisée ? Ou bien est-ce la promesse d’une politique délivrée de son fond métaphysique qui donne la chance à un autre avenir ? À l’heure où de nouvelles formes de fétichisation techno-capitalistes bouleversent nos modes de vie, notamment à travers la  révolution de l'IA, ce numéro explore les ressources critiques et politiques offertes par cette pensée, ainsi que l’actualité du concept de fétiche lui-même.


Couverture créée par Athanasia Vidali. Photographie de son œuvre Hatching: History starts with a rupture (porcelaine, 2015).


 

Prix
Papier - 28.00 €
Détails
Parution : 12 novembre 2026
EAN : 9782749288802
Iter
1/2026
Thème : Psychanalyse