Allan WEI est lauréat du prix de l’article scientifique
Nous avons le plaisir de vous annoncer que le lauréat du
Prix de l’article scientifique en aménagement de l’espace et de l’urbanisme pour cette édition 2026,
a été attribué à Allan Wei pour son article « Marais Wiels, Friche Josaphat, des sols bruxellois entre gouvernementalité écologique et communs multispécifiques », paru dans la revue Espaces et sociétés numéro 194.
Le Prix est décerné par l'APERAU (association pour la promotion de l'enseignement de la recherche en aménagement et urbanisme).
Découvrez le commentaire du jury :
« L’article primé traite, dans une perspective critique, de la question de la gouvernance écosystémique du foncier, sujet d’une grande actualité au sein de la communauté scientifique comme opérationnelle de l’aménagement de l‘espace et de l’urbanisme. A partir d’une enquête socioécologique menée pendant trois ans sur deux friches industrielles et ferroviaires situées dans des zones stratégiques de la métropole bruxelloise, cet article soulève une question redoutable : sur quelle valeur faire reposer l'importance des sols urbains en attente d’affectation et sur lesquels se développent des usages humains et non-humains inattendus (occupation temporaire par des personnes précaires, recensements naturalistes, présence d’espèces animales et végétales) ?
Il invite à poser un regard critique sur les solutions d’aménagement proposées par les acteurs publics et privés qui semblent, au premier abord, répondre parfaitement aux enjeux écologiques et sociaux : construction d’un écoquartier incluant une (petite) part de logements sociaux, aménagement d’un parc urbain et d’une réserve naturelle, création d’un bassin de rétention des eaux. Pour l’auteur, ces solutions « maintiennent l’illusion qu’il est possible de loger tout le monde ou de protéger les espèces vivantes sans impacter le modèle économique de gestion des sols ». Face aux risques de prescription et de standardisation des usages, d’instrumentalisation et de monétarisation de la biodiversité en l’évaluant à l’aune des seuls services écosystémiques qu’elle rend à l’aménagement foncier, il met en évidence la possibilité d’un autre choix. Celui d’augmenter la part du logement social dans les opérations ou de mieux mobiliser le parc de logement existant, de préserver ce « biotope inattendu » en prenant en considération les pratiques collectives qui s’y sont développées. Il implique évidemment une moindre rentabilité des projets et face aux tensions foncières existantes ces nouveaux communs associant humains et non-humains apparaissent bien fragiles. Cet article amène ainsi à considérer les friches comme des « espaces sentinelles » où les sociétés urbaines sont amenées à réfléchir, durant « ce temps de suspension de l’aménagement », si elles sont prêtes – ou pas - à faire primer la valeur d’usage du sol sur la valeur d’échange. »
Membres du jury :
- Samuel DEPREZ, Université du Havre
- Laurent DEVISME, Nantes Université, École nationale supérieure d’architecture de Nantes,
co-président du jury
- Isabelle LAUDIER, Institut pour la Recherche - Caisse des Dépôts et Consignations
- Nicolas LAVOIE, Université du Québec à Montréal
- Patricia LEJOUX, LAET – ENTPE Lyon, co-présidente du jury
- Sandra MALLET, Université de Reims Champagne-Ardenne
- Laurent MATTHEY, Université de Genève
Découvir le numéro 194 de la revue Espaces et Société
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