Anne-Marie LATOUR
Anne-Marie Latour est psychomotricienne, formatrice et superviseuse à Bordeaux, engagée depuis de nombreuses années auprès d’enfants et d’adolescents en pédopsychiatrie et d’équipes de psychiatrie et du secteur médico-social.
Corps, autisme, sensori-tonicité, psychomotricité, moi corporel, image du corps, échotonie, Moi-tuyau, psychomotricité.
Formée pendant de nombreuses années auprès de Pierre Lafforgue, elle mène depuis plusieurs années une recherche sur l'autisme et ses rapport avec la construction de l'espace (corporel, psychique, relationnel), sur la compréhension des manifestations corporelles de ces patients et sur les modalités de traitement de cette psychopathologie. Elle a particulièrement travaillé sur la technique de pataugeoire (et plus généralement sur les ateliers thérapeutiques) et sa pertinence dans l'abord thérapeutique de l'enfant autiste. Plus récemment, ses travaux portent sur l'établissement de la psychomotricité précoce de l'enfant et de ses impasses dans le développement des personnes autistes. Ce travail intègre les apports de la psychologie du développement et ceux de la psychanalyse s'intéressant à la construction de la pensée et de la personnalité.
Actuellement, c'est sur la fonction tonique ancrée dans la vie de relation, et sa place dans le développement psycocorporel de l'enfant comme terreau de la capacité à supporter, puis "penser" les modulations, changements et transformations, inhérents aux conditions de vie précoces de l'enfant que porte sa recherche. Ce qui l'a ammené à concevoir une modalité particulière du tonus, l'échotonie, qui se trouve être à l'opposé d'un tonus de relation. Les incidences du tonus et les problématiques d'enveloppe observables dans les états archaïques ont donné lieu à une approche nouvelle de l'image du corps, nommée Images du corps pré-contenantes. Elle en développe dans la nouvelle édition, actualisée et augmentée, de "La Pataugeoire" une forme particulière: le Moi-tuyau. De façon générale, et dans son activité de formatrice, elle propose une conception nouvelle du développement psycho-corporel des personnes présentant des troubles graves de la pensée quelle que soit l'étiopathogénie: en effet, un développement psychomoteur spécifique est mainrenant observé de manière transversale (grande immâturité, carence, TSA, polyhandicap, schizophrénie, démence, ...). L'hypothèse centrale est que si les lois et fonctionnements corporels, puissamment programmés, ne sont pas subvertis, pour une cause une autre, par la vie de relation, le développement suit des lignes spécifiques : notamment un développement contraint par les lois somatiques fonctionnant en tout ou rien, rapidement fixé dans des impasses, ou limité dans sa croissance, et compensé par des "solutions" de nature d'abord sensori-toniques, rigides et peu sensibles à l'éducation. Seules de nouvelles expériences affectivo-tonico-motrices, structurées et accompagnées, sont susceptibles d'infléchir ces lignes développementales "archaïques".
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