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HAS : l’interdiction du soin psychique aux autistes

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Patrick LANDMAN, Anne VIDEAU

HAS : l’interdiction du soin psychique aux autistes

JFP 58


Numéro 58 Avec la participation de Mireille BATTUT, Pascale BELOT-FOURCADE, Hervé BENTATA, Paule CACCIALI

Le 12 février 2026, la Haute Autorité de Santé a publié des recommandations relatives à la prise en charge des enfants et adolescents présentant un trouble du spectre de l’autisme. Dans ce cadre, la psychanalyse est explicitement mentionnée comme une méthode non recommandée.

Cette prise de position constitue une étape préalable à l’éventuelle opposabilité de ces recommandations, d’abord dans le champ des troubles du spectre autistique, puis, à terme, dans l’ensemble des troubles du neurodéveloppement. Elle peut dès lors être interprétée comme une mise en cause plus large des praticiens engagés dans les soins psychiques, notamment au sein de la pédopsychiatrie et de la psychiatrie publiques, où les conditions d’exercice sont particulièrement exigeantes.

L’exclusion, par une instance publique, de la psychanalyse d’un domaine clinique apparaît, aux yeux de certains, comme un fait inédit dans les démocraties contemporaines. Une telle orientation pourrait être assimilée à l’instauration d’une psychopathologie d’État, ouvrant potentiellement la voie à une normalisation accrue des pratiques et à une forme de contrôle institutionnel de celles-ci.
Les arguments avancés reposent principalement sur des considérations  « scientifiques », conduisant à reléguer la psychanalyse au rang de doctrine obsolète et obscurantiste. Or, Sigmund Freud avait précisément pour ambition d’éclairer ce que le mouvement des Lumières avait laissé dans l’ombre, à savoir l’inconscient, notion que Jacques Lacan s’est efforcé de fonder en raison. À ces critiques s’ajoutent des mises en cause de son efficacité, voire de sa prétendue nocivité, étayées notamment par des témoignages de parents ou de personnes autistes ayant rapporté des expériences négatives, parfois anciennes, avec des praticiens se réclamant de cette approche. Ces récits, bien que singuliers, sont mobilisés par les opposants pour nourrir une critique radicale, parfois empreinte d’une dimension polémique, ressemblant à une haine vertueuse.

Après un temps de sidération, des formes de réponse et d’organisation se mettent en place. Elles prennent appui tant sur des recours juridiques que sur des initiatives relevant des champs scientifique, clinique, syndical, économique et communicationnel. L’objectif affiché est de déconstruire le discours porté par la Haute Autorité de Santé, d’en interroger les fondements et les motivations, tout en formulant des propositions alternatives.

Dans la revue

JFP - Journal Français de Psychiatrie

À propos des auteurs et autrices
photo de Patrick LANDMAN

Patrick Landman est psychiatre, pédopsychiatre, psychanalyste, ancien président de la Convention psychanalytique, ancien président d'Espace analytique, président de Stop DSM.

Crédits photo : Dilyana Dilkova

Anne Videau, psychanalyste, vice-doyenne-directrice de l'EPhEP, professeur des universités en littérature latine honoraire

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Cet ouvrage est à paraître le 29 octobre 2026
Vous pouvez le commander dès à présent et il vous sera envoyé le jour de sa parution.

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Détails
  • Parution : 29 octobre 2026
  • EAN : 9782749288352
  • 17x24, 136 pages
  • JFP - Journal Français de Psychiatrie
  • 2/2026
  • Thème : Santé mentale

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