Avec la participation de Mathilde BEAUVALLET, Salim BEHLOUL, Jacques BERTON, Sonia BRAULT, Marilore BROULHET, Mélissa CAMPO, Rozenn CARIS, François CHOBEAUX, Mario COLUCCI, Jean-Christophe CONTINI, Denis DECOURCHELLE, Damien DEPAUX-VILLOTA, Patrick FAUGERAS, Laure FERRAND, Sébastien FIRPI, Christian GAUFFER, Pierre-Alain GUYOT, Florence HARANG, Sébastien HEIM-HÉRISSON, Saül KARSZ, Jean-Pierre LAFFITTE, Jérôme LATEURTRE, Ophélie LEBEGUE, Angelo LIPPI, Patrick MACQUAIRE, Cécile MADIGOU, Joseph ROUZEL, Muriel SACCHELLI
Les travailleurs sociaux, les soignants, dit-on, n’écrivent pas. Outre le mépris que charrie une telle assertion, les pratiques professionnelles, que ce soit dans le champ de l’intervention sociale ou de la santé, témoignent d’un véritable maillage d’écritures diverses et variées. Le quotidien des praticiens de l’éducation, du social, de la santé est de fait tissé d’écrits dont la trame s’avère des plus complexes : notes de service, post-it aux collègues, rapports de synthèse, projets personnalisés, comptes rendus de réunion…
Mais ce travail incessant d’écriture serait considéré comme ne faisant pas partie des écritures nobles, littéraires ou scientifiques. Même si l’introduction de l’informatique tend à normaliser ces écritures ordinaires, quelle part d’invention et de subversion subsistent cependant dans ces écritures obligées ? En quoi viennent-elles étayer et éclairer la clinique ? Sans compter que depuis quelque temps, des professionnels commencent à se risquer à donner à lire et à voir leurs pratiques singulières ; les praticiens de l’éducation et de l’émancipation cherchent à témoigner – dans des articles ou ouvrages adressés à un public élargi, dans des revues ou encore sur Internet – et à mettre en lumière des réalités encore trop souvent relayées uniquement aux professionnels du secteur ou laissées dans l’ombre du quotidien.