Li QINGZHAO
LI Qingzhao - prononcez Tsintcháo - (1084-1155), universellement reconnue comme la plus grande poète chinoise de tous les temps, s'inscrit dans une tradition poétique plus que millénaire qui a connu ses heures de gloire à l'époque Tang.
Adepte du "poème à chanter" (ci), une forme prosodique à vers irréguliers plaqués sur une mélodie existante en vogue à l'époque Song, elle s'en distingue par une thématique originale liée à son histoire propre intériorisée avec lucidité et par une capacité à saisir l'instant à travers les détails concret d'un quotidien intensément éprouvé.
La vie de Li Qingzhao est intimement mêlée aux événements de son époque. Née en 1084 à Jinan, dans l'actuel Shandong, d'un père lettré, fonctionnaire au Bureau des rites, et d'une mère elle-même poète, son éducation lui permettra très tôt de développer des dons qui s'exprimeront en composition poétique, en commentaire politique, en musique, en calligraphie, en peinture, en épigraphie sur pierre et bronze - un intérêt qu'elle allait partager avec Zhao Mingcheng, un jeune lettré lauréat aux concours, qu'elle épousa à dix-huit ans.
Suite aux troubles politiques de l'époque qui rejailliront sur les carrières de leurs parents, en 1107, Mingcheng étant interdit de politique, les deux jeunes gens devront quitter la capitale pour s'installer en province où, pendant une dizaine d'années, ils fileront néanmoins le parfait amour, s’écrivant mutuellement des poèmes, partageant la même passion pour l'histoire et les classiques, la musique, la peinture et les arts de la calligraphie, réunissant l’une des plus belles et des plus importantes collections d'épigraphies de la nation.
Mais les attaques des Jin contre l'empereur Song les obligeront à fuir vers le sud où, Mingcheng ayant rejoint le monde bureaucratique, sa poursuite de nouvelles affectations les séparera sporadiquement à partir de 1127, puis définitivement, en 1129, quand celui-ci mourra de maladie alors que, gouverneur de Nanjing, il devait rejoindre un nouveau poste. En 1132, Li Qingzhao s'installera à Lin'an, l'actuelle Hangzhou, où la cour Song avait établi sa nouvelle capitale. Elle y contractera un mariage calamiteux puis un divorce qui lui vaudra un séjour en prison, avant de terminer sa vie, en 1155, dans l'errance et la pauvreté.
Li Qingzhao publia durant sa vie sept volumes de poèmes réguliers (shi) et de proses, et six volumes de poèmes chantés à vers irréguliers (ci), dont il ne reste que très peu de choses : un Traité sur la poésie ci (Ci lun 词论), sa postface au Catalogue des inscriptions sur pierre et bronze qu'elle publia en 1136 à Lin'an, une quinzaine de shi et moins d'une soixantaine de ci.
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