Familles recomposées

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Familles recomposées

Réinventer des rituels
Numéro 611 - bimestrielle

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Revue L'école des parents - La revue
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La force des rituels

Cette année, votre enfant attendra le 28 décembre pour découvrir ses cadeaux sous le sapin décoré ensemble. Le 25, il sera chez son père et sa nouvelle compagne, dans son autre famille. De votre côté, vous fêterez Noël avec les adolescents blasés de votre nouveau conjoint, un repas sous haute tension… Comme tous les rituels familiaux, la fête de Noël constitue une épreuve pour les familles séparées et recomposées. Si elle assure aux enfants une double ration de cadeaux – maigre consolation –, elle réveille aussi en chacun la nostalgie de la famille unie d’autrefois, qui n’existe plus et ne sera plus.

Pâques, l’Aïd, Hanouka, anniversaires : toutes les familles se construisent sur des rituels, d’inspiration religieuse ou laïque, individuelle ou universelle, qui sont l’occasion de se ré-unir, de faire le plein d’affection et de souvenirs, mais aussi de transmettre une culture, des valeurs, une histoire familiale, bref, de tisser du collectif. Un grand-père raconte à ses petits-enfants que leur père, à 6 ans, avait reçu pour Noël un chiot caché dans une boîte à chaussures.
Une grand-mère évoque en riant le vol d’un pain au chocolat pendant le carême.

À côté de ces rendez-vous partagés par le plus grand nombre, même s’ils se déclinent différemment, chaque famille crée ses propres rituels, qui marquent son identité, la distinguent des autres. Ici, on mange des crêpes tous les dimanches soir, là on se laisse des mots doux le matin, en partant au travail ou à l’école, ou encore, on chante à tue-tête dans la voiture, sur la route des vacances… La récurrence de ces rituels, qui se répètent chaque jour, chaque semaine, chaque année rassure les êtres humains que nous sommes, tel celui de l’histoire qui, chaque soir, facilite l’endormissement du tout-petit. Ils sont la marque d’un temps circulaire, pulsation de vie, synonyme de joie. Le contraire du temps linéaire, définitif, implacable, qui nous rapproche peu à peu de la mort.

Lorsque les familles se disloquent, suite à une séparation, à une migration ou à un décès, ces rituels élaborés en commun, symboles et supports de l’unité familiale, sont mis à mal. Les anniversaires perdent de leur attrait, les chansons de leur gaieté. On en oublierait presque les rivalités et les tensions qui éclataient parfois, au moment du déballage des cadeaux, ou à la fin d’un repas trop arrosé. La famille unie autour d’une fête est un mythe, pulvérisé par de nombreux films : La Bûche, de Danièle Thompson, Un conte de Noël, d’Arnaud Desplechin, sans oublier le terrible Festen de Thomas Vinterberg.  Pour autant, vouloir reconstruire des rituels à l’identique est une erreur, car toute séparation implique des pertes. Mieux vaut en inventer de nouveaux, qui tiennent compte du passé, mais regardent vers l’avenir.

Détails
Parution : 15 novembre 2014
EAN : 9782749251042
L'école des parents - La revue
6/2014
Thème : Enfance & parentalité

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