Présentation
Dans l'esprit des précédentes formations, Jean-Pierre Lebrun et Anne Joos de ter Beerst continuent de questionner les enjeux des changements sociétaux et leurs conséquences quant à la subjectivité humaine, de se frayer un chemin, au travers et à partir de la clinique actuelle, de trouver les appuis théoriques nécessaires pour poursuivre une clinique de l’écoute et de la parole. Tout en reprenant les recherches et avancées de Freud, de Lacan et de Melman, il s’agira de penser les invariants de la condition humaine aux prises avec les paradigmes nouveaux, tels qu’ils circulent dans les discours d’aujourd’hui.
Les questionnements de cette année font suite à la récente parution du livre de Thierry Roth, Les névroses de récusation, qui a le grand mérite de mettre la récusation au programme d’un possible destin du pulsionnel, au même titre que le refoulement, la forclusion, le déni. Sera ainsi introduite cette nouvelle forme de défense qu’est la récusation du Nom-du-Père. Récuser le Nom-du-Père n’est pas la même chose que la forclusion du Nom-du-Père, c’est-à-dire qu'ici la Loi est clairement identifiée, mais la légitimité de pouvoir n’en rien vouloir savoir est aussitôt acquise pour le sujet qui récuse. Si inscrire le Nom-du-Père permet au sujet d’acquérir une boussole lui offrant les repères symboliques nécessaires pour conduire sa vie désirante, il aura aussi à en payer le prix, celui de la castration c'est-à-dire, le renoncement à une satisfaction pleine et immédiate.
Cette récusation peut donner l’impression de plus grande liberté, d’un autoguidage dans la vie sans devoir tenir compte des repères symboliques mais aussi des contraintes inhérentes à la vie en société. Celles-ci, transmises par les générations précédentes, semblent dès lors dépassées, voire désuètes. Il ne s’agit plus ici de contestation de l’autorité représentée par ceux et celles qui en assument la fonction, et même l’autorité du langage, il s’agit plutôt de la considérer comme nulle et non advenue pour pouvoir jouir sans entrave. Il est à remarquer que ceci va de pair avec le discours actuel qui propose une jouissance immédiate grâce à la prolifération d’objets de consommation, objets dont les prix sont aujourd’hui toujours plus bas (low cost) et dont l’accès est aussi de plus en plus rapide via leurs commandes rapides (en quelques click).
Il se pourrait que la récusation allège le sujet récusant d’une culpabilité à l’égard et de la Loi et du Père, mais ce soulagement opère-t-il à long terme ? Y aurait-il un soulagement à se situer du côté d’une économie de la jouissance plutôt que du côté d’une économie du désir ? Une jouissance versatile plutôt qu’un désir vectorisé ? Il s'agira d'approfondir cette question qui n’est pas sans conséquences, dont au moins deux très souvent constatées et relevées aujourd’hui : celle d’une plus grande difficulté à s’engager dans les différents champs de l’existence humaine (professionnel, sexuation, amoureux…) et celle d’assumer la responsabilité de fonctions symboligènes.
Thierry Roth sera invité durant la formation afin de parler de son ouvrage et des quatre conséquences de cette récusation dont la première semble bien être la perte de repères symboliques, la recherche vaine d’un point d’arrêt qui bien souvent ne se réalise qu’à la rencontre d’une butée réelle et non symbolique. À défaut de se soumettre à cette loi humaine, les lois du langage, c’est à d’autres dépendances que le sujet récusant se voit poussé, dépendances aux objets et toxiques qu’il consomme et dont il jouit.
Comment repérer dans les différents tableaux cliniques, d’errance subjective, de dépression, d’angoisse généralisée que celles et ceux que nous sommes amenés à rencontrer ont une économie psychique structurée comme une névrose, mais une névrose particulière puisqu’elle semble récuser son engagement dans une structure. Comment, dès lors que les lois de la parole sont bafouées ou ne sont pas prises avec le sérieux qu’elles imposent, soutenir la rencontre avec les seuls outils de la psychanalyse, la parole et l’acte de parole ? Le psychanalyste ou le thérapeute qui se réfère à la psychanalyse n’aura-t-il pas à davantage tenir compte de la fragilité de ceux qui viennent le consulter, une fragilité sous des dehors de ‘cause toujours’ !
Le livre numérique Les névroses de récusation est offert comme support de formation à chaque personne inscrite.
Objectifs
- Maîtriser de nouveaux concepts cliniques :
- Distinguer la récusation de la forclusion et comprendre la spécificité du concept de "névrose de récusation".
- Analyser le déclin du Nom-du-Père.
- Appréhender l'économie de la jouissance vs économie du désir : décrypter comment le passage d'un désir vectorisé à une jouissance versatile transforme la demande de soin.
- Identifier les manifestations contemporaines du malaise :
- Repérer la récusation dans les tableaux cliniques actuels : savoir reconnaitre cette structure derrière l'errance subjective, la dépression, l'angoisse généralisée ou les addictions.
- Comprendre le lien entre discours social et psychisme : analyser comment la société de consommation favorise le passage d'un sujet de la Loi à un sujet de l'objet.
- Évaluer les difficultés d'engagement, les freins subjectifs aux responsabilités professionnelles, amoureuses et symboligènes.
Public concerné
Cette formation est ouverte à tous ceux que ces questions intéressent, quelle que soit leur implication dans le champ social et thérapeutique. Il n’est pas nécessaire d’avoir suivi les formations précédentes pour y participer.
Infos & inscriptions
S'inscrire
6 demi-journées de 9h30 à 12h
Dates : Les 13 février, 12 mars, 29 mai, 19 juin, 11 septembre et 16 octobre 2026
En visioconférence sur ZOOM
La formation est également disponible en replay pendant
4 mois à compter de la dernière date, sur votre espace personnel.
Coût par personne :
Formation continue (financée par les OPCO) : 465 €
Inscription individuelle payée par l'employeur : 320 €
Inscription Individuelle particulier : 200 €
Tarif réduit (étudiant, chômeur) : 80 €
Obtenez un devis sans engagement en cliquant sur le bouton « S'inscrire » et en remplissant le formulaire. L’inscription ne sera validée qu’après réception du règlement ou de la convention
Pour toute personne à besoins spécifiques, n’hésitez pas à contacter notre référent handicap au 05 61 75 40 88 ou à l’adresse formations@editions-eres.com
