Contenus
Le traumatisme post-attentat, un nœud sociopsychique
13 janvier, avec Isabelle Seret
Peut-on soigner une société ? La sociologie clinique n’a pas de prétention à cet égard : une société, ça ne se soigne pas. Et pourtant le terrorisme est le symptôme d’une société qui va mal. C’est ce mal qu’il nous faut explorer, comprendre et traiter plutôt que d’entretenir un imaginaire leurrant faussement moralisateur opposant la civilisation à la barbarie, un axe du bien à un axe du mal.
Il nous faut inventer une autre façon de penser et d’agir, en associant les personnes victimes des attentats, les familles des enfants engagés dans la radicalisation djihadistes, les intervenants de première ligne concernés par les attentats et les traumatismes qu’ils génèrent. C’est en reconstruisant tous ensemble un monde commun que l’on peut restaurer les personnes et la société, sortir du manichéisme, de l’opposition entre « eux » et « nous ».
Il nous faut inventer une autre façon de penser et d’agir, en associant les personnes victimes des attentats, les familles des enfants engagés dans la radicalisation djihadistes, les intervenants de première ligne concernés par les attentats et les traumatismes qu’ils génèrent. C’est en reconstruisant tous ensemble un monde commun que l’on peut restaurer les personnes et la société, sortir du manichéisme, de l’opposition entre « eux » et « nous ».
Retrouver le sens du travail
27 janvier, avec Fabienne Hanique
27 janvier, avec Fabienne Hanique
Les transformations profondes que connaissent actuellement les salariés des entreprises s’enracinent dans une vaste « révolution managériale » entamée dès les années 1970 dans le privé et au début des années 1990 dans le public. Ces entreprises ont, en quelques années, intégré de nouvelles logiques gestionnaires qui organisent désormais l’activité et le « sens du travail » de leurs salariés. Dans ce contexte émergent de nouveaux symptômes de souffrance au travail, comme le stress, le burn out, le harcèlement, la dépression, l’épuisement professionnel, jusqu’au suicide. Certains évoquent l’idée que c’est le travail qui est malade, et pas seulement les travailleurs. Les organisations deviennent « paradoxantes ». Elles confrontent les individus à des injonctions paradoxales continues, à des dilemmes insolubles. Au delà du débat théorique sur les causes du mal-être, nous explorerons les réponses que la sociologie clinique propose pour remettre du sens là où il se perd.
La révolution managériale et la souffrance au travail
10 février, avec Danièle Linhart
10 février, avec Danièle Linhart
Les salariés sont pris dans un dilemme qui les met en grande vulnérabilité. Au-delà du besoin financier qui les tient, et malgré les contraintes permanentes qu’impose la subordination inscrite dans leur statut, ils ont pour leur travail de réelles aspirations en termes de sens, d’utilité sociale, d’identité professionnelle et citoyenne. La "révolution managériale" stimule et exacerbe les désirs qui sous-tendent le rapport au travail, impose de nouvelles méthodes d’organisation et d’implication des salariés, toujours plus déstabilisantes et délétères. Le lien de subordination devient de plus en plus personnalisé et intrusif. Il compromet toute capacité collective des salariés à s’emparer des véritables enjeux du travail. Des DRH "bienveillantes" et préoccupées du "bonheur" de leurs salariés aux "entreprises libérées" par leur leader, en passant par l’esprit start-up et l’offre éthique, nous explorerons les faux-semblants des innovations managériales qui paralysent l’intelligence collective. Cette exploration permettra de réfléchir collectivement aux moyens de lutter contre ces empêchements à bien travailler et à retrouver une puissance d’agir dans les collectifs de travail.
La clinique des organisations
24 février avec Gilles Herreros
24 février avec Gilles Herreros
Individu et société sont inexorablement liés... Parmi les instances intermédiaires qui scellent leurs entrelacs, les organisations occupent une place importante. Elles contribuent à la production de la société. Elles continuent également à produire les individus dont elles ont besoin pour assurer leur reproduction. Ce façonnage ne concerne pas seulement la production de compétences, de savoir-faire, mais il concerne aussi l’incorporation de normes et de fonctionnements psychiques conscients et inconscients. C’est ainsi que les pathologies observées dans le monde du travail, en particulier, comme le stress, le burn out, la dépression, l’épuisement professionnel, interroge les entrelacs entre le fonctionnement des organisations et le fonctionnement psychiques des individus. Le propos sera illustré par des exemples d’intervention conduites dans des organisations diverses (associations, institutions culturelles et sociale, entreprises privées et publiques…). Depuis cette perspective, interroger les organisations revient donc, non seulement à s’efforcer de comprendre leurs articulations avec les instances qui font monde avec elles, mais aussi à repérer comment pourraient être combattues et enrayées lesdites pathologies. C’est ce à quoi la sociologie d’intervention clinique et ses praticiens se consacrent et c’est ce que nous nous emploierons à montrer.
Notre inconscient face au désastre écologique
10 mars avec Bénédicte Vidaillet
10 mars avec Bénédicte Vidaillet
Le désastre écologique auquel nous faisons face peut nous donner un sentiment d’impuissance, nous angoisser profondément, nous conduire à remettre en cause le sens de nos vies. Plutôt que de chercher à tout prix des solutions qui généralement, manifestent une volonté de toute-puissance, centrale dans notre culture et indissociable de la production de ce désastre, n’est-il pas plus fécond de mieux comprendre les processus psychiques qui, à notre insu, déterminent notre participation active à ce désastre ? Le parti pris ici est de poser la question de notre responsabilité : nous ne sommes pas que victimes, nous prenons certainement une part active à ce qui se produit et nous affecte en retour. Qu’est-ce qui peut aussi nous arranger, même inconsciemment, dans ce qui est à l’œuvre ?
Nous chercherons à comprendre comment s’intriquent en permanence, chez chacun, pulsions de vie et pulsions de mort, ce qui nous attire vers le lien, l’amour, l’auto-conservation, d’un côté, mais aussi, de l’autre, vers la destructivité et le néant. Comprendre pourquoi nous en arrivons à un tel degré de destruction et de violence à l’égard de la nature, la terreur qu’elle nous inspire. Comprendre nos liens ambivalents à des « générations futures » auxquelles nous ne voulons peut-être pas que du bien…
La clinique de l’historicité
24 mars avec Christophe Niewiadomski
Interroger la notion d’historicité présuppose de considérer le sujet contemporain à la fois comme « produit » et comme « acteur » de l’histoire. La sociologie clinique situe ainsi l’historicité au carrefour des déterminismes sociaux et du désir de liberté du sujet. En ce sens, le travail de réappropriation de l’expérience d’un sujet sur son activité singulière, nécessite d’articuler au moins deux registres connexes : l’environnement socio-historique et les évolutions du rapport biographique à l’expérience et à la subjectivité. Or, ce processus s’effectue aujourd’hui dans une période spécifique, la modernité avancée, laquelle a eu pour conséquence de faire passer l’individu d’un type de société où les trajectoires sociales étaient relativement stables et institutionnalisées vers une « société des individus » (Elias,1991) marquée par le développement de l’individualisation des parcours. À partir de plusieurs exemples cliniques, nous verrons comment et à quelles conditions la clinique de l’historicité se distingue de la clinique « biomédicale », en s’appuyant sur un référentiel théorique pluridisciplinaire visant à articuler la compréhension de la réalité subjective du sujet et de la réalité objective des faits bio-psycho-sociaux.
24 mars avec Christophe Niewiadomski
Interroger la notion d’historicité présuppose de considérer le sujet contemporain à la fois comme « produit » et comme « acteur » de l’histoire. La sociologie clinique situe ainsi l’historicité au carrefour des déterminismes sociaux et du désir de liberté du sujet. En ce sens, le travail de réappropriation de l’expérience d’un sujet sur son activité singulière, nécessite d’articuler au moins deux registres connexes : l’environnement socio-historique et les évolutions du rapport biographique à l’expérience et à la subjectivité. Or, ce processus s’effectue aujourd’hui dans une période spécifique, la modernité avancée, laquelle a eu pour conséquence de faire passer l’individu d’un type de société où les trajectoires sociales étaient relativement stables et institutionnalisées vers une « société des individus » (Elias,1991) marquée par le développement de l’individualisation des parcours. À partir de plusieurs exemples cliniques, nous verrons comment et à quelles conditions la clinique de l’historicité se distingue de la clinique « biomédicale », en s’appuyant sur un référentiel théorique pluridisciplinaire visant à articuler la compréhension de la réalité subjective du sujet et de la réalité objective des faits bio-psycho-sociaux.
La beauté comme remède
7 avril avec Jean Philippe Bouilloud
7 avril avec Jean Philippe Bouilloud
La notion de beau travail, de travail bien fait, fait partie de notre expérience du travail, et tout métier produit ses propres normes sur ce que doit être un « beau travail ». Plus encore, de nombreuses recherche montrent qu’une des principales revendications dans le travail n’est pas tant de travailler moins, que d’avoir la possibilité de "pouvoir faire" ce beau travail. Pourtant, cette préoccupation apparaît peu chez les responsables d'entreprises ou dans les revendications syndicales. Or, le beau travail, qui est aussi un support d’identité professionnelle, est souvent le lieu d’une résistance face à la montée en puissance des pratiques gestionnaires qui tendent à réduire les coûts ou augmenter les cadences. C’est donc un enjeu fort au coeur de la santé au travail.
Le théâtre e(s)t la vie
19 mai avec René Badache
19 mai avec René Badache
Comment concilier une démarche clinique d’accompagnement des personnes concernées et une démarche politique de libération d’une parole sur les violences intrafamiliales, institutionnelle, sociales, économiques, écologiques et politiques ?
Le théâtre d’intervention socioclinique peut avoir des effets thérapeutiques dans la mesure où il favorise des mécanismes de dégagement comme la distanciation subjective, la symbolisation, la désincorporation, la sortie de l’isolement et du repli sur soi. La théâtralisation des conflits produit une catharsis libératrice qui désamorce l’anxiété et permet d’imaginer d’autres possibles, en favorisant à chaque étape l’articulation entre l’implication personnelle et la réflexion collective.
Il s’inscrit dans une perspective éthique en s’adressant à des sujets qui développent leur pouvoir d’agir.