Quelle place pour l’humain au travail aujourd’hui ? - 2026

Contenus

15/01/2026 – 14h -16h30
Dominique Lhuilier
 : Introduction. Développement de la clinique du travail dans le contexte contemporain 

29/01/2026 - 14h -16h30
Danièle Linhart : L’évolution du travail depuis le taylorisme ?

12/02/2026 - 14h - 16h30
Marc-Eric Bobillier Chaumon : Travail digitalisé et clinique des usages 

L’accélération du rythme des changements technologiques d'une part (IA, réalité immersives...), le déploiement de formes innovantes de travail d'autre part (hybrides, distancielles...), associés à de nouvelles modalités de gestion (management algorithmique, organisations agiles...) conduisent à une profonde remise en cause des conditions d’exercice de l’activité. Celles-ci requièrent en effet de nouvelles façons de faire, de penser, d’organiser ou encore de collaborer dans le travail. Avec ces changements dans les manières d’agir, correspondent aussi des changements dans la manière de subir, lesquels se formulent au travers de nouvelles exigences d’ordre psychosocial et socioprofessionnel qui affectent la qualité du travail et conditionnent la qualité de vie au travail. Dans cet exposé qui s'inscrit dans l'approche de "la clinique des usages", nous serons amenés à interroger ces nouvelles formes d'activité médiatisée et à envisager leurs incidences en matière de soutenabilité du travail, de santé des salariés et de performance globale.

19/03/2026 - 14h - 16h30    
Marie-France Custos-Lucidi : Racisme et discrimination au travail  

En France, même si la science a démontré depuis longtemps l’inexistence des races au sein de l’espèce humaine, l’idéologie selon laquelle l’humanité se divise en groupes hiérarchisés en fonction de la couleur de la peau ou les origines réelles ou supposées persiste encore dans les mentalités y compris dans le travail. Nous vivons en effet, dans une société héritière d’une histoire esclavagiste et coloniale dont le racisme et les discriminations en découlent. Ces systèmes de domination divisent la société et confèrent des positions aux individus en fonction de leur appartenance et empêchent de prendre acte de la manière dont le racisme structure pourtant beaucoup d’espaces de la société française: travail, police, justice, sport, santé, éducation et bien d’autres encore… Aussi, nous vous proposons une formation courte sur le racisme et la discrimination sous forme de partage d’expériences, de connaissances et de stratégies pour ensemble conscientiser, se défendre et intervenir :

  1. Comprendre les différentes formes de racisme : distinguer et identifier racisme indirect, racisme direct, racisme systémique et micro-agression pour mieux les prévenir.
  2. Savoir comment réagir face au racisme et aux discriminations : acquérir des stratégies concrètes pour identifier et lutter contre le racisme au travail.
  3. Connaître les obligations légales et les sanctions : informer sur les responsabilités des employeurs et des salariés en matière de lutte contre le racisme en entreprise.

30/04/2026 - 14h - 16h30
Florent Schepens : « Sale boulot » et plaisir au travail

Dans une perspective socio-anthropologique, nous reviendrons sur le concept de « sale boulot » (Hughes, 1996). Le sale boulot n’est pas le boulot sale, même s’il ne l’exclut pas. Les enjeux sont ici plus politiques, liés à la définition des territoires et compétences des professionnels. Dans ce cadre, le sale boulot d’une profession peut être la dignité d’une autre. En ce qui concerne la souillure, celle-ci n’est pas irrémédiablement opposée au plaisir au travail. Cela dépend pour beaucoup de la signification que lui donneront les professionnels qui affrontent ce que d’aucun désignent comme dégoûtant. Autant la gestion des excrétas peut être source de souffrance – ainsi en est-il de cette aide-soignante qui, en entretien, se définie comme une « torche-cul » - autant d’autres soignants pourront se réaliser au travail malgré la présence de ces produits du corps.

07/05/2026 - 14h - 16h30 
Thomas Périlleux : Souffrance au travail et travail thérapeutique

11/06/2026 - 14h - 16h30
Frédérique Debout Cosme
 : Entendre le plaisir au travail

À partir de la psychodynamique du travail, nous reviendrons sur les concepts de souffrance, de plaisir et de défense dans le travail. Dans notre perspective, le plaisir au travail n’est jamais premier mais résulte de la subversion de l’expérience de la souffrance, qui ne peut être réduite à ses formes pathogènes. Travailler, c’est d’abord échouer et en être affecté ce qui nous met au travail. Seulement penser ainsi le rapport subjectif au travail a des incidences pratiques pour le clinicien, notamment sur la technique d’écoute de la souffrance pathogène, rendant nécessaire celle du plaisir, qui s’il n’est plus là ou grandement entravé, a bien été présent un jour…