Exploitation sexuelle : accompagnement clinique du mineur en situation d'emprise - Les 21, 28 septembre, les 5, 12, 19 octobre et les 9, 16 et 23 novembre 2027

Contenus

Session 1 : Le consentement : droit, sciences sociales et pratique professionnelle
Au-delà du droit : penser le consentement comme construction sociale

→ Le consentement d'un mineur sous emprise n'est pas un consentement libre. Pourtant les professionnels hésitent. Ce module nomme pourquoi, et comment sortir de l'hésitation.

Une session pour apprendre à :

  • distinguer le consentement juridique du consentement sociologique — et savoir quand la distinction change l'intervention ;
  • reconnaître un consentement apparent produit par l'emprise sans renvoyer le jeune à une incapacité ;
  • articuler protection institutionnelle et reconnaissance de l'agentivité du mineur sans les opposer ;
  • rédiger une évaluation ou un rapport qui rend compte de cette complexité sans la réduire.


Session 2 : L'emprise : mécanismes, formes et effets
Comprendre pour ne pas reproduire

→ L'emprise n'est pas un mystère psychologique : c'est un processus qu'on peut nommer, cartographier — et dont les institutions peuvent elles-mêmes reproduire la logique.

Une session pour :

  • nommer avec précision les mécanismes qui installent et maintiennent l'emprise ;
  • distinguer l'emprise de la manipulation, de l'influence et de la contrainte pour orienter l'intervention ;
  • analyser les pratiques institutionnelles susceptibles de reproduire des logiques d'emprise sans le savoir ;
  • construire une posture qui ne confonde pas rupture de l'emprise et rupture du lien.


Session 3 : Évaluer sans stigmatiser
L'évaluation comme acte clinique et éthique

→ Évaluer une situation d'exploitation présumée, c'est déjà intervenir. L'évaluation produit des effets sur le jeune, sur la famille, sur la procédure.

Une session pour :

  • conduire un entretien d'évaluation avec un mineur susceptible d'être exploité sans l'enfermer dans le rôle de victime ;
  • travailler avec l'incertitude sans la nier ni la faire disparaître prématurément ;
  • utiliser la concertation pluridisciplinaire comme outil clinique, pas seulement comme procédure ;
  • rendre compte dans un écrit de la complexité de la situation sans la réduire.


Session 4 : Construire une alliance avec un mineur en situation d'emprise
La relation éducative comme levier de sortie

→ Un jeune sous emprise qui refuse l'aide n'est pas un jeune qui refuse la relation. Il refuse ce qu'il a appris à reconnaître comme contrôle. La nuance est décisive.

Une session pour :

  • sortir de l'incompréhension face au refus d'aide — et ne plus lire l'ambivalence comme un obstacle ;
  • conduire un entretien d'accroche avec un mineur en situation d'emprise sans reproduire la logique de contrôle ;
  • travailler avec les silences, les provocations et les rechutes sans rompre le lien ;
  • construire sa propre limite sans la confondre avec un abandon du jeune.


Session 5 : Psychotraumatologie et exploitation sexuelle
Ce que le trauma fait — et ce qu'il ne fait pas

→ Beaucoup de comportements incompréhensibles dans les institutions sont des réponses cohérentes à un trauma que personne n'a su nommer.

Une session pour :

  • reconnaître les manifestations du trauma chez un mineur exploité — sans diagnostiquer à la place du clinicien ;
  • relire les comportements « problèmes » (agressivité, dissociation, conduites à risque) comme des réponses adaptatives ;
  • adapter ses pratiques d'intervention aux réalités traumatiques sans surinvestir le registre thérapeutique ;
  • prendre soin de soi face au trauma vicariant — reconnaître les signes avant qu'ils ne s'aggravent.


Sessions 6, 7 et 8 : Analyse des pratiques professionnelles
Penser ensemble ce que les situations font aux professionnels

→ Les équipes qui travaillent avec des situations d'exploitation ont besoin d'un espace pour penser ce que ces situations leur font — pas pour gérer leur émotion, mais pour ne pas laisser l'émotion gérer leur intervention.

Trois sessions pour : 

  • analyser collectivement les situations les plus difficiles sans tomber dans la surenchère émotionnelle ni dans l'évitement ;
  • identifier les dynamiques institutionnelles et contre-transférentielles qui influencent les pratiques ;
  • prévenir l'usure professionnelle en nommant ce qui use avant que ça ne soit irréversible ;
  • faire évoluer les pratiques par la réflexivité collective, pas par l'injonction à changer.