Matthieu DE NANTEUIL

photo de Matthieu DE NANTEUIL

Matthieu de Nanteuil est sociologue, professeur à l'UCL (université catholique de Louvain), membre du Laboratoire globalisation, institution, subjectivation (LAGIS). Attaché à une pratique politique prenant appui sur les mouvements sociaux et la société civile, animateur d'un réseau d'informations sur la situation humanitaire en Colombie, il est aussi membre du Cercle Benenson, au sein d'Amnesty International Belgique Francophone.

Présentation de l'ouvrage La Démocratie insensible à la librairie des Arts et métiers, à Paris

 http://www.lam-paris.com/conf_video.php?quel=nanteuil

Recension de l'ouvrage La Démocratie insesible dans la Revue Etudes :

http://www.revue-etudes.com/Societes/La_democratie_insensible/7495/12622

 

 La Démocratie insensible, 2009 éditions érès

S'appuyant sur la critique communautariste et la critique féministe du libéralisme tout en cherchant à les dépasser, ce livre prend au sérieux l'analyse que le Jeune Marx fait du projet libéral, à travers le concept de "l'abstraction réelle". Il rappelle ainsi que, faut de les théoriser, ce projet est pris au piège de ses propres contradictions. Le recours à une normativité abstraite y apparaît en effet comme une nécessité - afin de soutenir une visée d'universalisation - et comme une impasse - il présuppose des êtres humains sans corps ni visage, désincarnés. Loin de superposer ces deux plans de l'analyse, le livre montre que la pensée abstraite n'est ni une donnée naturelle, ni une donnée transcendante : elle est elle-même le reflet de la division du travail, c'est-à-dire du processus matériel qui structure la société dans le libéralisme et ramène le sujet humain à une simple entité abstraite. La division du travail est donc beaucoup plus qu'une simple répartition des tâches : elle désigne avant tout comme un processus de scission d'avec soi-même, qui permet d'oublier que la rationalité est aussi sensibilité, vécu corporel, chair. Dans cet "oubli", le projet libéral lève une limite anthropologique fondamentale à l'exercice de sa puissance, et se trouve ainsi en mesure de justifier indéfiniment la cohérence supposée de son projet.

A l'inverse, un véritable travail critique s'ouvre ici, qui consiste à réarticuler l'analyse des formes concrètes de vie avec de nouvelles perspectives de transformation sociale : cette articulation passe précisément par la critique des processus de division du travail qui sous-tendent la formation des catégories abstraites tout en occultant le destin réel de la subjectivité. Refusant pour autant le productivisme (avec Arendt) et l'historicisme (avec Merleau-Ponty), le livre nourrit une telle perspective en distinguant le champ économique et le champ politique, et en faisant de la critique une condition de la subjectivité elle-même. Il revisite alors certaines transformations majeures survenues dans le monde du travail salarié, tout en engageant une réflexion critique sur l'espace public démocratique, à partir d'une analyse des mouvements de défense des droits humains et de la notion d'utopie. Il montre ainsi qu'être sujet de et dans son corps a une implication publique : cela ouvre sur une lecture conflictuelle de la modernité, dans laquelle l'aspiration à l'universel suppose une prise en compte du plus singulier. Alimenté par plusieurs enquêtes de terrain, ce livre s'inscrit, sur le plan théorique, dans la perspective d'une phénoménologie critique.

 



Comme Auteur

Sociologie économique
© 2009
14x22 296 p. 25.50 €
Sociologie économique
© 2005
14x22 464 p. 32 €
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