La vérité

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À l'orée de leur histoire, la philosophie et la psychanalyse ont rencontré toutes les deux la question de la vérité. La République de Platon présente le monde où s'agitent les hommes comme un théâtre d'ombres, offert en spectacle à des prisonniers enchaînés dans une caverne, coupés à jamais de la lumière de la vérité, conception que Nietzsche reprend, vingt-cinq siècles plus tard, en avançant que ce n'est que pour « vivre avec quelque repos » que l'homme maintient « la croyance invincible que ce soleil, cette fenêtre, cette table, est une vérité en soi ». Après avoir cru un moment que l'analyse des symptômes et des rêves était susceptible de restituer au sujet la vérité de son histoire durant la cure, Freud dut reconnaître la vanité de cet espoir en constatant « [qu'il] n'existe dans l'inconscient aucun indice de réalité de telle sorte qu'il est impossible de distinguer l'une de l'autre la vérité et la fiction investie d'affect ». Conclusion qui fit dire à Lacan, tirant son ultime conséquence, « [que] nous ne rêvons pas seulement quand nous dormons ».

Sur le principe que la passion de la vérité a toujours rendu fous ceux qui prétendaient détenir le sens du monde (Hitler comme Schreber nous apportent ici leur témoignage), la philosophie et la psychanalyse ont, chacune dans leur champ, subverti le statut de la vérité en découvrant d'elle un nouveau visage : celui d'une vérité pure et sans contenu, solidaire d'un homme sans qualité référé au « signe privé de sens », évoqué par Hölderlin, en écho anticipé au signifiant primordial, identifié par Lacan, auquel l'analysant à la fin de sa cure est appelé à s'assujettir.

Dans un monde fragmenté en convictions et en certitudes par les intégrismes politiques et religieux, il devient urgent de rétablir les droits d'une vérité vide soumise au primat de la pensée. À la croisée des chemins de la philosophie et de la psychanalyse, c'est ce chantier qu'ont ouvert dans un débat sans concessions les contributeurs de ce livre.

Michel Plon, psychanalyste (Paris), rédacteur à la Quinzaine littéraire, membre du comité de rédaction d'Essaim.

Henri Rey-Flaud, Michel Plon, psychanalyste (Paris), rédacteur à La Quinzaine littéraire, membre du comité de rédaction d’Essaim. Henri Rey-Flaud, psychanalyste (Montpellier) auteur de plusieurs ouvrages dont « Et Moïse créa les Juifs… ». Le testament de Freud (Aubier, 2006).

Avec la participation de :
Françoise Balibar, Jean-Daniel Causse, Yves Duroux, Marie Gaillé-Nikodimov, Olivier Grignon, Jacques Le Brun, Guy Le Gaufey, René Major, Jean-François Mattéi, Catherine Millot, Bertrand Ogilvie, Erik Porge, Jacques Rancière, Annie Tardits, Françoise Wilder.

Mise en vente le 05 avril 2007


A propos des auteurs

Michel PLON est psychanalyste (Paris), membre du Comité de rédaction de la revue Essaim (érès éditeur) et du Comité de rédaction du périodique La Quinzaine littéraire.

Auteur avec Elisabeth Roudinesco du Dictionnaire de la psychanalyse Paris Fayard (1997) 2006 troisième édition

Avec Henri Rey-Flaud (eds) La pulsion de mort entre psychanalyse et philosophie, Toulouse,érès, 2004 ;  La vérité entre psychanalyse et philosophie, Toulouse, érès, 2007.

Henri Rey-Flaud, professeur émérite à l'université Paul-Valéry de Montpellier, psychanalyste, est l'auteur d'une quinzaine d'ouvrages. Ses deux derniers livres, L'enfant qui s'est arrêté sur le seuil du langage (Paris, Aubier, 2008) et Les enfants de l'indicible peur (Paris, Aubier, 2010) ont renouvelé l'approche de l'autisme.

Détails
Parution : 5 avril 2007
EAN : 9782749207049
14x22, 192 pages
Fonds psychanalyse
Thème : Psychanalyse

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Résumé

Sur le principe que la passion de la vérité a toujours rendu fous ceux qui prétendaient détenir le sens du monde (Hitler comme Schreber nous apportent ici leur témoignage), la philosophie et la psychanalyse ont, chacune dans leur champ, subverti le statut de la vérité en découvrant d'elle un nouveau visage : celui d'une vérité pure et sans contenu, solidaire d'un homme sans qualité référé au « signe privé de sens », évoqué par Hölderlin, en écho anticipé au signifiant primordial, identifié par Lacan, auquel l'analysant à la fin de sa cure est appelé à s'assujettir.

Michel Plon, psychanalyste (Paris), rédacteur à la Quinzaine littéraire, membre du comité de rédaction d'Essaim et Henri Rey-Flaud, psychanalyste (Montpellier) auteur de plusieurs ouvrage dont Le démenti pervers (Aubier, 2002)

  Du même auteur

érès poche - psychanalyse
© 2011
11x18 104 p. 10.50 €

Inédit
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